Jef Van Staeyen

Auteur/autrice : Jef Van Staeyen (Page 45 of 61)

les rues de Montréal

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Montréal est une ville passionnante, surtout dans ses quartiers.
En 2013, je me suis beaucoup baladé dans deux de ses quartiers banaux: La Petite Italie, avec une partie de Villeray, et Le Plateau, avec Mile End — et sans doute un peu au-delà. Les limites administratives ne sont pas le sujet de ma curiosité.
J’en avais réalisé un reportage, que je complète et ajuste depuis. Et que je continuerai de compléter et d’ajuster pendant longtemps, je pense.

Le reportage, sous forme de diaporama, avec photos, cartes et textes, est organisé en 25 fichiers thématiques, de volumes très inégaux.

 

  1.  introduction (7 Mo)
  2. les_rues_de_Montreal-02-les_deux_quartiers.008  les deux quartiers, sujet des balades (14 Mo)
  3. les_rues_de_Montreal-03-approche_historique.010  approche historique (25Mo)
  4. les_rues_de_Montreal-04-la_ville.005  la ville (en bref) (18 Mo)
  5. les_rues_de_Montreal-05-les_arbres_dans_les_rues.010  les arbres dans les rues (5Mo)
      idem en automne (en 2019) (1,3Mo)
  6. les_rues_de_Montreal-06-les_trottoirs.003  les trottoirs (5 Mo)
  7. les_rues_de_Montreal-07-les_frontages.006  les frontages (17 Mo)
  8. les_rues_de_Montreal-08-les_arbres_dans_les_frontages.003  les arbres dans les frontages (7 Mo)
  9. les_rues_de_Montreal-09-les_portes-et-les-fenetres.007  les portes et les fenêtres (7 Mo)
  10. les_rues_de_Montreal-10-les_escaliers.002  les escaliers (6 Mo)
  11. les_rues_de_Montreal-11-les_balcons.012  les balcons (10 Mo)
  12. les_rues_de_Montreal-12-des_architectures.008  des architectures (5 Mo)
  13. les_rues_de_Montreal-13-des_demi-ilots.002  des demi-îlots (4 Mo)
  14. les_rues_de_Montreal-14-des_chantiers.002  des chantiers (5 Mo)
  15. les_rues_de_Montreal-15-des_magasins.008  des magasins (8 Mo)
  16. les_rues_de_Montreal-16-le_marche_Jean_Talon.002  le marché Jean Talon (4 Mo)
  17. les_rues_de_Montreal-17-des_langues-et-des-religions.005  des langues et des religions (6 Mo)
  18. les_rues_de_Montreal-18-la_signalisation.011  la signalisation (9 Mo)
  19. les_rues_de_Montreal-19-les_solutions_techniques.002  les solutions techniques (9 Mo)
  20. les_rues_de_Montreal-20-les_velos.013  les vélos (9 Mo)
  21. les_rues_de_Montreal-21-les_ruelles.030  les ruelles et les jardins (17 Mo)
  22. les_rues_de_Montreal-22-jardins_publics_et_populaires.004  des jardins publics et populaires (6 Mo)
  23. les_rues_de_Montreal-23-des_ecureuils.004  des écureuils (3 Mo)
  24. les_rues_de_Montreal-24-aux_pieds_des_arbres.008  aux pieds des arbres (9 Mo)
  25. les_rues_de_Montreal-25-les_gens.002  les gens, etc. (26 Mo)

La plupart des images auraient pu se trouver dans plusieurs chapitres.

Le dernier chapitre les gens, etc. comprend aussi des conclusions,
au sujet d’une ville accueillante, qui donne à voir, qui libère le piéton, et qui rend capable.

[Quelques textes dans les chapitres ci-dessus renvoient à “Nieuwe Wereld — Nouveau Monde”, que j’ai écrit en 2007 en néerlandais, et en 2013 en français, et dont j’ai publié des extraits sur ce site.]


Ceci aussi est Montréal

  Un car scolaire

  Un centre commercial

  L’île Saint-Bernard, le refuge faunique Marguerite d’Youville

“effondrement” (des mathématiques)

[“Collapse” — Jared Diamond — le Montana — et quelques menus problèmes de calcul dans la traduction française]

Dans “Effondrement” (“Collapse”), le biologiste Jared Diamond décrit comment certaines sociétés se sont effondrées, et d’autres ont pu s’adapter et se maintenir, face à des changements radicaux dans leur environnement: (1) les dégradations qu’elles ont infligées à leur environnement naturel, (2) les changements climatiques, (3) l’hostilité des voisins et (4) la perte de partenaires commerciaux, combinés à (5) leur propre capacité ou incapacité à s’adapter.

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les mangeurs de pommes de terre ❧

Pierre, Arnault et Fabrice sont de vieux copains. Ils se connaissent depuis leur service militaire, et bien que repartis aux coins opposés de la France (Fabrice en Ariège, Arnault en Charente et Pierre dans le Nord), ils se retrouvent au moins une fois par an. Autour d’une bonne table, comme il se doit.

Attablés à l’Hôtel de la Poste, près du Mont Beuvray, ils discutent de leur sujet de prédilection: la bouffe et la boisson. Après avoir parlé de vins, de bières et d’alcools, de fromages et de charcuteries, ils en sont arrivés… aux mille-et-une façons de préparer les pommes de terre.

“C’est drôle, quand-même, dit Pierre, qui pose son picon-bière, que ce sont surtout les gens des villes, qui mangent des ‘punnetières’.”

“Mais non, répond Fabrice, qui vide son pastis, les ‘patates’, c’est dans les campagnes qu’on les mange.”

Oui, non, oui, non, les deux amis ne sont pas d’accord. Arnault, qui n’aimerait pas que l’ambiance se dégrade avant de passer à table, invite les deux copains à reporter la discussion à l’année prochaine, et de revenir avec des chiffres. Il apportera une bonne bouteille pour le vainqueur.

 

L’année après, au même Hôtel de la Poste, Fabrice pose fièrement un épais paquet de papiers sur la table.

“Regarde, dit-il, j’ai écrit à toutes les DDA (directions départementales de l’agriculture), et elles ont toutes répondu. Pour chacune, la réponse est la même. Voici les chiffres: les gens des campagnes mangent davantage de pommes de terre que ceux des villes.”

“Mais non, mais non, répond Pierre, regarde, moi, j’ai écrit à Paris, au Ministère. Voici les chiffres que j’ai eus, ce sont les gens des villes qui en mangent le plus.”

“Donnez-moi tout ça”, intervient Arnault, repoussant son verre de pinault. Et alors que les deux protagonistes parlent de frites et de croquettes, de gratin dauphinois, de truffades et d’aligot, il fait quelques calculs. Il voit que dans chaque département de France, ce sont bien les gens des campagnes qui consomment le plus de pommes de terre, mais qu’au niveau national, ce sont ceux des villes. Pourtant, tous les chiffres sont cohérents, et il comprend.

“Je vois que tous les deux vous avez raison. La bouteille de Meursault, que j’ai promise au vainqueur, il va falloir l’ouvrir ici.” 

 

Dans cette histoire, l’Hôtel de La Poste est vrai. Je vous le conseille: La Grande Verrière, Haute-Saône, Chez Cécile. La conversation de Pierre, Fabrice et Arnault ne l’est pas. Mais les données statisiques le sont — ou l’ont été.  Je les avais lues, il y a des années, dans un excellent livre sur les statistiques, et sur les pièges qu’on y rencontre. [Mais ne me demandez pas le titre. Je l’ignore. Il devait y avoir “statistiques” dedans.]

Comprenez-vous le paradoxe? Sauriez-vous l’expliquer? Je vous laisse chercher quelque temps, la réponse est ici.

 

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