J’ai réuni ici, en une seule présentation, une soixantaine de dessins, du 4 octobre 2018 jusqu’ «aujourd’hui». Il ne s’agit pas d’une traduction intégrale de la version néerlandaise, certains jeux de mots n’existant qu’en une seule des deux langues.

 

regarder les ouvriers
au bistrot on discute d'un vélo d'appart électrique
boulangere demande mot de passe à client
peut-on s'assurer contre les assureurs
avoir raison ou en donner
prendre RV sur internet pour pouvoir aller à la poste
distributeur de timbres poste
des prix en centimes, mais pas des centimes
controle policier dans la rue efd l adresse
quand il faut prendre le bus pour accéder à une boite aux lettres
privilege
peut-on faire confiance à l'Etat pour les empreints digitales
changement d'heure et obscurité
qui est-ce qui a de la chance
manifestation 99pourcent
un hashtag au temps du macarthysme
à table avec ou sans végane
discussion sur interdiction foulard
excuses officielles
conversation sur le fonctionnement du marché et les processus de recrutement
conversation sur architecture et salaires
pourquoi devrais-je avoir une opinion...

 

Certaines images ont été rattrapées — ou perverties — par l’actualité.

  • J’ai réalisé White Male Privilege” en octobre 2018. La mention “Marrakech” qui y figure n’a rien à voir avec le pacte éponyme des Nations Unies sur les migrations, soudainement apparu sur la scène politique belge en novembre 2018.
  • Les deux images de début mars 2019 au sujet des avions de combat et des entreprises américaines performantes (deux variantes sur le même dessin) sont assez rapidement devenues caduques, quand le 10 mars 2019 un Boeing 737 max s’est écrasé, le deuxième en six mois, d’après ce que nous avons lu dans la presse à cause de graves erreurs de conception et de communication (un défaut connu du constructeur qui ne fut pas communiqué aux acheteurs ni aux pilotes).

Pour ceux qui ne souhaitent voir que les images de 2020 et 2021, voici un extrait, des plus récentes vers les plus anciennes (cliquez sur les flèches).

pourquoi devrais-je avoir une opinion...

 

[post-pré-corona]

 

[clicquez sur les flèches]
C’est en septembre 2018 que j’ai démarré la série de dessins “paroles”, partant de quelques idées qui traînaient dans ma tête depuis plusieurs années. Puisque je dessine lentement, j’avais établi une liste avec des dessins à faire, qui s’allongeait progressivement. Mais l’épidémie due au coronavirus, et la façon dont tant les autorités que les gens y ont réagi, m’a causé un problème: une poignée d’idées “anciennes”, pas encore dessinées, risquaient de recevoir un sens tout-à-fait différent de celui que j’avais voulu initialement. Ou même perdre tout leur sens. En fin de compte, j’ai décidé de les dessiner quand-même, pour les publier dans une petite série appelée “post-pré-corona”, où je les accompagne de quelques explications. Le terme “post-pré-corona” se comprend par le fait que ces dessins ont été réalisés après la période-avant-le-corona… quand ils ont été imaginés.

Le premier dessin ne concerne pas les décisions qui ont été prises sur la Côte belge pour limiter l’affluence, lors desquelles les habitants permanents ont été priorisés par rapport aux propriétaires ou locataires de résidences secondaires, ces derniers par rapports aux touristes d’un jour, et les automobilistes par rapport aux passagers des trains. Ça, c’est une toute autre histoire. L’idée qui fonde le dessin m’est venue aux alentours de 2016 (ou plus tôt ou plus tard) comme traduction du néo-malthusianisme des néo-villageois en périphérie des grandes villes, qui s’opposent à l’arrivée d’autres néo-villageois. Mais l’idée peut également être comprise à une échelle nationale plus large.

Le deuxième dessin ne concerne pas l’interdiction des voyages, mise en place dans le cadre de la lutte contre le corona-virus, mais la proposition, formulée à partir de 2018, de limiter l’accès à Venise à l’aide d’un numerus clausus et/ou d’un péage.

En ces temps de corona, la scène montrée dans le troisième dessin est quasiment impossible, les voyageurs devant respecter la distanciation sociale. La scène est toutefois presque véridique.