Jef Van Staeyen

Étiquette : architecture & urbanisme (Page 6 of 12)

le déclin de l’Occident

(Ceci n’est qu’une miette, une rognure d’un voyage que je viens de faire par huit villes du Nord-Ouest de la France. D’autres textes suivront, et peut-être réunirai-je ensuite l’ensemble dans un texte plus long et complet.)

… ou la descente d’un escalier

Il fait partie de toute formation en architecture d’apprendre, dès la première année, la conception d’un escalier.  Quatre principes guident cette conception:

  • Le rapport entre la hauteur et la profondeur des marches (le giron) se définit par une formule simple: deux fois la hauteur plus une fois le giron égale environ 63 cm [2h + g = 63cm]. Plus le giron est important, sans toutefois dépasser 35 cm, plus l’escalier est facile.
  • Sauf pour les escaliers lents, les marches doivent avoir un “nez” qui dépasse la contre-marche. Contrairement à ce qu’on penserait spontanément, ce nez est surtout important pour pouvoir descendre sans tomber: en l’absence de nez, on ne trouve pas assez de place pour poser le talon après avoir posé la plante du pied, et risque de tomber en avant (ou de devoir mettre les pieds en biais et de ralentir.)
    Le nez peut aussi être formé par l’inclinaison de la contremarche.
  • Les escaliers les plus courts (jusqu’à 3 ou 4 marches) doivent être particulièrement lents: de faibles hauteurs de marche pour de larges girons. [Cette règle simple est parfois oubliée dans la conception des espaces publics.]
    Idéalement, un escalier d’une certaine importance démarre avec une première marche plus lente que les suivantes (plus basse et plus profonde), afin de fluidifier le mouvement.
  • Les escaliers qui combinent des parties droites et des courbes font l’objet d’une attention particulière pour régulariser la ligne de marche (ou de foulée), et pour élargir la partie de l’escalier facilement praticable: le balancement des marches. On décalera et, dans une certaine mesure, harmonisera les extrémités intérieures et extérieures des marches dans la courbe même et dans les foulées droites attenantes.

Le non-respect de ces règles peut être toléré dans les escaliers domestiques, mais serait source d’accidents dans les escaliers utilisés par le public, et notamment dans les escaliers de secours.

Il n’empêche!
Voilà, en haut à droite, sur ces photos, l’escalier, également escalier de secours, d’un hôtel tout neuf au Mans: pas de “nez”, et surtout aucun balancement des marches. L’escalier est certes large, sans doute pour répondre à une exigence réglementaire d’évacuation en cas d’incendie, mais il n’est praticable que sur une étroite ligne de marche, par ailleurs éloignée des mains courantes.

J’aurais dû confronter cette image du 21ème siècle avec la vue “en plan” d’un escalier ancien, tel que j’ai pu en admirer plusieurs lors de mon voyage. Mais je dois me contenter d’une image autrement intéressante du savoir-faire des anciens. Voilà (à gauche) l’escalier autoportant de l’Abbaye aux hommes, à Caen (18ème siècle). La stabilité et la beauté de cet escalier tiennent à la qualité de la stéréotomie (l’art de la découpe et de l’assemblage des pièces en pierre de taille, dans le but de construire des éléments architecturaux tels les voûtes, les encorbellements, etc.).
Il serait vain de vouloir un travail de cette qualité pour un escalier (de secours) d’un hôtel d’aujourd’hui — qui par ailleurs risque d’être démoli, pardon: déconstruit, d’ici quelques décennies. Mais ce dernier, même en béton, aurait pu être correctement balancé, afin d’être praticable.

Quelles sont les chances de survie d’une civilisation qui ne sait plus dessiner des escaliers?

cathédrales ❧

Quelques cathédrales — un peu d’architecture gothique — avec des photos anciennes et récentes.
Je vous amène à Amiens, Laon, Reims et Tournai (surtout romane, il est vrai), plus quelques petits extras à Hondschoote et Anvers. D’autres cathédrales suivront.
(Un texte plus complet se trouve sur le versant en néerlandais de ce site.)

Au sujet de la cathédrale Notre-Dame de Paris, absente de ces quelques photos, lire aussi: “Notre-Dame de Paris, monument laïque”.

 

  La plus parfaite: la cathédrale Notre-Dame d’Amiens en 13 images.

 

  La plus belle: la cathédrale Notre-Dame de Laon en 7 images.

 

  3 photos pour la cathédrale Notre-Dame de Reims.

 

  Une dizaine de photos pour la partie romane de la cathédrale Notre-Dame de Tournai (la partie gothique est en travaux).

 

  Non, ce n’est pas une cathédrale: une photo de l’église Saint-Vaast à Hondschoote.

 

  Quelques vues de la cathédrale Notre-Dame d’Anvers: de Onze-Lieve Vrouwekathedraal. À compléter.

 

pour une ferme urbaine circulaire à Roubaix

 

“Des légumes, des poissons, des insectes et de l’emploi en lieu et place d’une friche industrielle, sans dépenser des millions : c’est le projet porté notamment par la coopérative Baraka.” Voilà ce qu’écrivait le journal Nord-Éclair le 3 avril 2017. Depuis, le projet a beaucoup avancé — mais il peut avoir besoin de vous pour aboutir.
Voici une brève présentation de Baraka et de son projet de ferme urbaine circulaire en auto-récolte, également connue comme ferme du Trichon sur le site de la friche Crouy.
(dessin Matthieu Marty pour Baraka)

>lien direct vers le site de Baraka

giratoires

(Niort, janvier 1985)

Le Giratorum Magnum envahit les Deux-Sèvres. Il s’agit d’un stradivore qui, en état larvaire, lorsqu’il saisit les administrations et se propage dans les dossiers, a un aspect assez bénin. Mais une fois développé (on dit “réalisé”), quand il attaque les villes et les villages, il devient un danger public. Il change les rues en carrefours et les carrefours en ronds-ponts. Il fractionne les trottoirs et multiplie les chaussées, laissant ses traces sous forme de flèches et de panneaux.  Le quartier attaqué est perdu. Car le Giratorum Magnum n’a qu’un seul ennemi, plus fort que lui, l’Échangeorum Dénivellatum.
Allez, circulez, il n’y a rien à vivre!


Un exemple frappant de l’attaque du Giratorum Magnum: l’église de Saint-Liguaire (Niort) enveloppée dans un rond-point.
Le Giratorum Magnum a aussi frappé sur le carrefour de l’avenue de Nantes et de la rue de Coulonges. Il prépare un coup sur l’avenue de Paris. Tout ça ne l’empêche pas d’être présent sur tout le département des Deux-Sèvres.

Article publié en janvier 1985 dans la revue La Galipote (sous pseudonyme mal choisi), au sujet d’un phénomène qui n’a cessé de s’aggraver sur tout le territoire national.
La situation montrée sur la photo (Niort, rue du 8 mai 1945) s’est quelque-peu améliorée depuis. La circulation passe toujours de part et d’autre de l’église du 14ème siècle, mais l’aspect “rond-point” de l’aménagement a été atténué par la création d’un jardin lui attenant.

 

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